Les relations de l'OTAN avec les Nations Unies
Comment les relations OTAN - Nations Unies
ont-elles évolué ?
Même si le lien formel entre les Nations Unies et l'Alliance de
l'Atlantique Nord est consacré par leurs documents fondateurs respectifs
depuis l'institution de l'Alliance en 1949, leurs relations de
travail sont restées limitées pendant les premières décennies.
La situation a cependant changé en 1992, alors que
le conflit prenait de l'ampleur dans les Balkans occidentaux, amenant un
renforcement de la coopération pratique entre ces deux organisations
au regard de leurs rôles respectifs dans la gestion des crises.
Instaurer la paix dans l'ex-Yougoslavie
En juillet 1992, des navires de l'OTAN appartenant à la
Force navale permanente de l'Alliance en Méditerranée ont,
avec le soutien d'avions de patrouille maritime de l'OTAN, engagé dans
l'Adriatique des opérations de surveillance à l'appui de
l'embargo sur les armes décrété par les Nations Unies à l'encontre
de toutes les républiques de l'ex-Yougoslavie. Quelques mois plus
tard, en novembre, l'OTAN et l'Union de l'Europe occidentale (UEO) ont
entamé des opérations destinées à faire respecter
les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des
Nations Unies afin de prévenir une escalade du conflit.
En décembre 1992, les ministres des affaires étrangères
des pays de l'OTAN ont déclaré officiellement que l'Alliance était
prête à soutenir les opérations de maintien de la paix
menées sous l'autorité du Conseil de sécurité des
Nations Unies. Les mesures déjà prises par les pays de l'OTAN,
individuellement ou en tant qu'Alliance, ont été réexaminées,
et l'Alliance a indiqué qu'elle était prête à répondre
positivement aux nouvelles initiatives que pourrait prendre le Secrétaire
général de l'ONU en vue d'obtenir une aide des Alliés
dans ce domaine. Un certain nombre de mesures ont ensuite été appliquées,
notamment des opérations maritimes conjointes menées sous l'autorité des
Conseils de l'OTAN et de l'UEO, des opérations aériennes menées
par l'OTAN, un appui aérien rapproché pour la Force de protection
des Nations Unies (FORPRONU), des frappes aériennes destinées à protéger
les « zones de sécurité » instaurées
par l'ONU et l'établissement de plans de circonstances pour d'autres
options éventuelles des Nations Unies.
Après la signature de l'Accord-cadre général
de paix en Bosnie-Herzégovine (l'Accord de Dayton) le 14 décembre 1995,
les Nations Unies ont donné mandat à l'OTAN, sur la base de
la résolution 1031 du Conseil de sécurité, de mettre
en œuvre les aspects militaires de l'Accord de paix. Il s'agissait
de la première opération de maintien de la paix menée
par l'Alliance. Une Force de mise en œuvre (IFOR) dirigée par
l'OTAN a engagé des opérations en Bosnie-Herzégovine
le 16 décembre pour remplir ce mandat. Un an plus tard, elle était
remplacée par une Force de stabilisation (SFOR) également dirigée
par l'OTAN. Les deux forces multinationales ont, pendant toute la durée
de leurs mandats respectifs, travaillé en étroite collaboration
avec d'autres organisations internationales et agences humanitaires sur le
terrain, y compris celles relevant des Nations Unies, telles que le Haut
Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le
Groupe international de police (GIF) de l'ONU.
Dès le début du conflit au Kosovo, en 1998,
et tout au long de la crise, des contacts étroits ont été maintenus
entre le Secrétaire général de l’ONU et le Secrétaire
général de l'OTAN. Des actions ont été menées
par l'Alliance à l'appui des résolutions du Conseil de sécurité des
Nations Unies pendant et après le conflit. La Force de paix au Kosovo
(KFOR) a été déployée sur la base de la résolution 1244
adoptée le 12 juin 1999 pour assurer une présence
internationale de sécurité comme condition préalable à la
paix et à la reconstruction du pays.
En 2000 et 2001, l’efficacité de la coopération
entre l'OTAN et les Nations Unies a permis d'endiguer les grandes dissensions
ethniques apparues dans le sud de la Serbie et de prévenir une véritable
guerre civile dans l'ex-République yougoslave de Macédoine
1.
Au-delà des Balkans
Plus récemment, la coopération entre
l'OTAN et les Nations Unies a joué un rôle clé en Afghanistan.
Le 11 août 2003, l'Alliance prenait officiellement le commandement
de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS),
force chargée sous mandat de l'ONU de contribuer à assurer
la sécurité à Kaboul et alentour. La FIAS a ensuite été autorisée
par une série de résolutions du Conseil de sécurité des
Nations Unies à élargir sa présence à d'autres
régions du pays afin d’étendre l'autorité du
gouvernement central et faciliter le développement et la reconstruction.
L'Alliance a également déployé à titre provisoire
des forces supplémentaires en Afghanistan pour accroître le
soutien de l'ISAF aux autorités afghanes dans leurs efforts visant à créer
des conditions de sécurité pour l’élection présidentielle
d'octobre 2004 ainsi que pour les élections législatives
et municipales de septembre 2005.
En Iraq, aux termes de la résolution 1546 du
Conseil de sécurité des Nations Unies et à la demande
du gouvernement intérimaire iraquien, l'OTAN fournit une aide à la
formation et à l'équipement des forces de sécurité iraquiennes.
En juin 2005, à la demande de l'Union africaine
et en étroite coordination avec les Nations Unies et l'Union européenne,
l'OTAN a accepté d'apporter son soutien au renforcement de la mission
de l'Union africaine visant à mettre un terme à la violence
persistante dans la région du Darfour. L'OTAN a apporté son
concours à cette mission en assurant pendant l'été le
transport aérien de soldats de la paix des pays africains fournisseurs
de contingents dans la région, et a également contribué à former
les troupes de l'Union africaine à l'administration d'un quartier
général multinational et à la gestion des données
du renseignement.