L’OTAN et l’OSCE
Comment la coopération se déroule-t-elle en pratique ?

Photo: OSCE
La relation entre l’OTAN et l’OSCE se déroule à la fois au niveau
politique et dans le cadre d’opérations sur le terrain. En témoignent,
le dialogue et la coopération « sur le terrain » instaurés entre
elles pour promouvoir la stabilité dans la région des Balkans.
Le dialogue politique
L’OTAN et l’OSCE entretiennent un dialogue politique à différents niveaux,
qui leur permet de se consulter sur des questions d’ordre fonctionnel et
géographique.
Au niveau géographique, les deux organisations accordent une attention particulière
à l’Europe du Sud-Est, au Caucase et à l’Asie Centrale. Elles ont également
chacune développé des initiatives complémentaires dirigées vers les pays
de la région méditerranéenne.
Au niveau fonctionnel, l’OTAN et l’OSCE coopèrent dans le domaine de la
maîtrise des armes légères et de petit calibre. Des initiatives de l’OTAN
en matière de réforme du secteur de la défense telles que le contrôle des
armements, le déminage et la suppression des stocks de munitions sont complémentaires
des efforts de l’OSCE destinés à prévenir les conflits et à rétablir la stabilité
après un conflit.
Les relations politiques entre l’OTAN et l’OSCE sont aujourd’hui gouvernées
par la « Plateforme pour la sécurité coopérative » lancée par l’OSCE en 1999
lors du sommet d’Istanbul. A travers la Plateforme, l’OSCE a appelé les organisations
internationales qui partagent ses valeurs et sont engagées dans des actions
similaires, à renforcer leur coopération ainsi qu’à utiliser les ressources
de la Communauté internationale pour établir la démocratie, la prospérité
et la stabilité en Europe et au-delà. Depuis l’adoption de la Plateforme,
des experts de l’OTAN et de l’OSCE se rencontrent régulièrement pour discuter
des questions opérationnelles et politiques d’intérêt commun.
La coopération sur le terrain
Le meilleur exemple de coopération pratique entre l’OTAN et l’OSCE est celui
des missions complémentaires menées par les deux organisations dans la région
des Balkans.
En 1996, suite aux accords de Dayton et l’adoption de la résolution 1031
du Conseil de Sécurité des Nations Unies en décembre 1995, l’OTAN et l’OSCE
ont développé des actions conjointes en Bosnie-Herzégovine. La Force de mise
en œuvre (IFOR) dirigée par l'OTAN et la SFOR qui lui a succédé, ont fourni
un support vital à la mise en oeuvre des aspects civils des accords de paix.
L’OTAN a assisté l’OSCE dans le domaine du contrôle des armements et des
mesures de confiance et de sécurité en Bosnie-Herzegovine. En assurant la
sécurité du personnel de l’OSCE et l’assistance humanitaire, l’OTAN a notamment
contribué au bon déroulement des élections organisées sous l’égide de l’OSCE.
D’octobre 1998 à mars 1999, l'OSCE a mis en place une Mission de vérification
au Kosovo chargée de s'assurer du respect, sur le terrain, de l’accord de
cessez-le feu Holbrooke-Milosevic. L'OTAN a mené en parallèle une mission
de surveillance aérienne. Suite à une détérioration des conditions de sécurité,
la Mission de vérification a été contrainte de se retirer en mars 1999.
Depuis l’adoption de la résolution 1244 du Conseil de Sécurité des Nations
Unies en juin 1999, une nouvelle Mission de l’OSCE au Kosovo est établie
dans le cadre de la mission intérimaire des Nations-Unies au Kosovo (UNMIK.)
Elle est notamment chargée de superviser les avancées en matière de démocratisation,
de mise sur pied des institutions et de protection des droits de l’Homme.
La Mission de l’OSCE au Kosovo entretient des liens étroits avec la KFOR
mandatée par les Nations-Unies pour fournir un environnement sûr aux activités
de la communauté internationale.
L'OTAN a également travaillé en étroite collaboration avec l'OSCE dans l'ex-République
yougoslave de Macédoine 1 . Bien que la responsabilité
première de la sécurité des observateurs internationaux soit restée
entre les mains de l'ex-République yougoslave de Macédoine, une force
de l'OTAN a été créée en septembre 2001 afin d'assurer une plus grande
sécurité. L’Union européenne a officiellement repris cette opération,
rebaptisée Concordia, entre mars et décembre 2003.