OTAN-UE : un partenariat stratégique
Comment cela se traduit-il dans la pratique ?
Outre la tenue de réunions régulières, les deux organisations
collaborent sur le terrain dans le cadre des arrangements « Berlin Plus ».
Elles ont également décidé de développer une coopération pour lutter
contre le terrorisme et la prolifération des armes de destruction
massive, et œuvrent à la mise en place d’une planification concertée
du développement des capacités.
Des responsables de l'OTAN et de l'UE se réunissent
régulièrement à différents niveaux : au niveau
des ministres des affaires étrangères, deux fois par an ; au
niveau des ambassadeurs (Conseil de l'Atlantique Nord et Comité politique
et de sécurité de l'UE), au moins trois fois par semestre ;
au niveau du Comité militaire, deux fois par semestre ; au niveau
des comités, de façon régulière ; au niveau exécutif
de façon courante.
La mise en place d'un dispositif militaire permanent de
liaison est envisagée afin de faciliter la coopération au niveau
opérationnel. Parmi les propositions à l'étude, il faut
citer la création d'une cellule de l'UE au SHAPE (le commandement
stratégique de l'OTAN pour les opérations, situé à Mons,
en Belgique) et un dispositif de liaison OTAN à l'Etat-major de l'UE.
Coopération sur le terrain dans le cadre des
arrangements « Berlin Plus »
Compte tenu de l’amélioration sensible de la
situation de sécurité en Bosnie-Herzégovine,
les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OTAN
ont décidé, au Sommet d’Istanbul, de mettre un terme
d’ici la fin de 2004 à la mission de la SFOR dirigée
par l’Alliance, et de préparer une transition progressive vers
une mission de suivi dirigée par l’UE dans le cadre des arrangements « Berlin
Plus ».
Concrètement, cela signifie que l’UE va diriger
la mission en coordination et en coopération étroites avec
l’OTAN : elle aura accès aux moyens de l’OTAN et à son
dispositif de planification, et le Commandant suprême adjoint des Forces
alliées en Europe (DSACEUR) commandera l’opération pour
l’UE. La nouvelle force de l’Union en Bosnie-Herzégovine
sera baptisée « ALTHEA ».
L’OTAN restera engagée
dans les opérations de stabilisation et maintiendra une présence
dans le pays. Elle conservera un quartier général à Sarajevo
et continuera d’assister la Bosnie-Herzégovine dans des domaines
tels que la réforme de la défense et la lutte contre le terrorisme.
Le 31 mars 2003, l'opération CONCORDIA, dirigée
par l'UE, a pris la relève de l'opération ALLIED HARMONY, mission
que dirigeait l'OTAN dans l'ex-République yougoslave de Macédoine
1 . L’opération CONCORDIA s’est achevée le 15 décembre
2003 ; elle a été remplacée par l’opération
PROXIMA, mission de police dirigée par l’UE.
Conformément aux arrangements « Berlin Plus »,
l'Adjoint au SACEUR de l'OTAN a été désigné commandant
de l'opération pour cette toute première mission militaire
de maintien de la paix dirigée par l'UE. L'OTAN a apporté son
concours à l'UE en ce qui concerne la planification stratégique,
opérationnelle et tactique. Un état-major d'opération
(EMO) de l'UE a été installé au Grand quartier général
des puissances alliées en Europe (SHAPE) de l'OTAN à Mons,
en Belgique, pour aider le commandant de l'opération.
En outre, un « élément
de commandement de l'UE » (EUCE) a été établi à l'AFSOUTH
(commandement de la force interarmées de l'OTAN pour les opérations
dans les Balkans) à Naples, en Italie. Le chef d'état-major
de l'AFSOUTH est également devenu chef d'état-major du nouvel
Elément de commandement de l'UE ; il est assisté d'un directeur
de l'UE pour les opérations.
Ces postes jumelés OTAN-UE ont garanti les liens entre la chaîne
de commandement opérationnelle de l'UE et celle de l'OTAN pendant
l'opération CONCORDIA. Cette mission est la première pour laquelle
des moyens OTAN ont été mis à la disposition de l'UE.
Quelques mois plus tard, en juillet 2003, l’UE et
l’OTAN ont publié une « approche concertée pour
l’ouest des Balkans », qui précise les domaines essentiels
de coopération et souligne la vision commune et la détermination
des deux organisations à ramener la stabilité dans la région.
Autres domaines de coopération
Les ministres des affaires étrangères des
pays de l'UE et de l'OTAN ont réaffirmé leur volonté de
resserrer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme et la
prolifération des armes de destruction massive. Les deux organisations
ont déjà échangé des informations sur leurs activités
dans le domaine de la protection des populations civiles contre des actes
terroristes commis au moyen d'armes chimiques, biologiques, radiologiques
et nucléaires. L'OTAN et l'UE procèdent en outre à des
consultations sur d'autres questions d'intérêt commun, comme
la situation en Moldova et en Afghanistan.
La planification concertée du développement
des capacités et le renforcement mutuel de l'Engagement capacitaire
de Prague (PCC) de l'OTAN et du Plan d'action européen sur les capacités
(ECAP) de l'UE sont eux aussi désormais inscrits au programme OTANUE.
L'ECAP antérieur de l'UE comprenait un catalogue
de forces et de capacités pour l'Objectif global de l'UE (qui consistait à pouvoir
déployer jusqu'à 60 000 soldats pour la fin de 2003 en vue
de missions humanitaires et de sauvetage, ainsi que de maintien et de rétablissement
de la paix). Des experts de l'OTAN ont fourni des avis d'ordre militaire
et technique dès le stade de la préparation de l'ECAP et jusqu'à sa
mise en œuvre. La planification des capacités de l'OTAN et de
l'UE et le renforcement mutuel du PCC et de l'ECAP sont abordés dans
le cadre du Groupe OTAN-UE sur les capacités, établi en mai
2003.
Depuis, l'UE a annoncé la création, en février
2004, d'un nouveau concept qui débouchera sur le lancement d'unités
de réaction rapide composées de groupements tactiques interarmées.
Conformément à l’Objectif global pour 2010, ces unités
seront entièrement constituées à l’horizon 2007.
L’Objectif global envisage également la création
d’une Agence de défense de l’UE qui serait spécifiquement
chargée du développement des capacités de défense,
de la recherche, des acquisitions et des questions d’armement. Dans
la pratique, l’Objectif global vise à traduire la stratégie
européenne de sécurité en objectifs militaires concrets
afin que l’UE puisse développer ses capacités sur le
long terme.