Les relations entre l’OTAN et l’Azerbaïdjan
Comment la coopération se déroule-t-elle en pratique?
Les activités en coopération, les projets de réforme et les processus relatifs au dialogue politique sont expliqués dans l’IPAP de l’Azerbaïdjan, qui est agréé conjointement avec l’OTAN pour une période de deux ans. Les principaux domaines de coopération concernent l’instauration d’un contrôle démocratique complet des forces armées, l’établissement des plans et des budgets de défense, et la réorganisation de l’ensemble de la structure des forces armées grâce à l’application de normes OTAN.
Outre le soutien apporté aux réformes, la coopération entre l'OTAN et l'Azerbaïdjan a également pour objectif de développer l'aptitude des forces de ce pays à travailler avec celles des pays de l'OTAN dans le cadre d'opérations de maintien de la paix et de gestion des crises. Des forces azerbaïdjanaises appuient les opérations OTAN de maintien de la paix au Kosovo depuis 1999 et en Afghanistan depuis 2002.
L’Azerbaïdjan coopère également avec les pays de l’OTAN et les pays partenaires dans toute une série d’autres domaines, dans le cadre du Partenariat pour la paix (PPP) et du Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA).
Les principaux domaines de coopération entre l’OTAN et l’Azerbaïdjan sont les suivants :
La coopération dans le domaine de la sécurité
Grâce à sa participation régulière à des entraînements et à des exercices du PPP, l’Azerbaïdjan a pu contribuer activement à la sécurité euro-atlantique en apportant son appui à des opérations de soutien de la paix dirigées par l’OTAN. Des unités de la taille du peloton envoyées par l’Azerbaïdjan travaillent aux côtés des forces de l’OTAN, dans le cadre des contingents turcs, dans la Force pour le Kosovo (KFOR) et la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan.
L’Azerbaïdjan a déclaré qu’il mettait un certain nombre d’unités à disposition pour des activités du PPP, au cas par cas. Il s’agit d’unités d’infanterie, d’unité de soutien logistique et d’autres unités spécialisées.
L’Azerbaïdjan contribue à la lutte contre le terrorisme en participant au plan d'action du Partenariat contre le terrorisme (PAP-T). Il partage ainsi des données du renseignement et des analyses avec l’OTAN, et il coopère avec les pays de l’Alliance en vue de renforcer ses capacités nationales d’entraînement à la lutte contre le terrorisme et d’améliorer la sécurité de ses frontières et de ses infrastructures. Des informations sont échangées par le biais de l’unité OTAN chargée du renseignement sur la menace terroriste. L’Azerbaïdjan met également en place un centre international d’entraînement à la lutte contre le terrorisme à l’École du ministère de la Sécurité nationale.
L’Azerbaïdjan et l’OTAN collaborent pour accroître la sécurité aérienne et maritime dans l’espace aérien du pays et dans la mer Caspienne. L’OTAN s’entretient aussi avec l’Azerbaïdjan sur la prévention des activités illégales dans son secteur de la mer Caspienne, conjointement avec d’autres pays partenaires de la région. Ils coopèrent aussi pour renforcer et réformer les unités de gardes-frontières et de gardes-côtes en établissant notamment un réseau de communications par satellites et en créant une unité aéroportée de recherche et de sauvetage.
L’OTAN ne joue aucun rôle direct dans les négociations visant à résoudre le conflit gelé entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie concernant la région séparatiste du Haut-Karabakh, qui sont menées dans le cadre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Toutefois, l’OTAN s’intéresse à ce processus et encourage les deux pays à poursuivre leurs efforts en vue de parvenir à une résolution pacifique du conflit. La résolution pacifique des conflits est une valeur essentielle de l’OTAN et l’un des principaux engagements pris par tous les pays partenaires lorsqu’ils adhèrent au Partenariat pour la paix.
La réforme du secteur de la défense et de la sécurité
La réforme du secteur de la défense et de la sécurité est essentielle au développement de l’Azerbaïdjan ; elle lui permettra en effet de se conformer aux normes euro-atlantiques et d’intensifier sa coopération euro-atlantique. Il s’agit d’un domaine dans lequel l’OTAN et ses différents pays membres possèdent une expérience considérable dont l’Azerbaïdjan peut tirer parti. Oeuvrer à l’instauration du contrôle démocratique des forces armées est l’une des grandes priorités de l’Azerbaïdjan. L’OTAN soutient aussi le vaste processus de réformes engagées dans les secteurs démocratique et institutionnel en Azerbaïdjan.
Grâce aux conseils de l’OTAN, l’Azerbaïdjan établit des documents stratégiques sur la défense et la sécurité, qui soutiendront et orienteront la revue de défense stratégique. La coopération concernant la nouvelle doctrine militaire et les méthodes d’entraînement se poursuit. En outre, des consultations sont en cours sur les mesures à prendre pour établir un système de budgétisation transparent pour la défense.
L’OTAN et les différents pays membres continuent d’aider l’Azerbaïdjan à créer des forces modernes, mobiles, à haut niveau de préparation, bien équipées et présentant un bon rapport coût-efficacité, qui soient interopérables avec les forces des Alliés. La participation de l’Azerbaïdjan, depuis 1997, au processus de planification et d'examen (PARP) du PPP a contribué à la mise en place du bataillon de maintien de la paix et contribue actuellement à la création d’une unité supplémentaire, susceptible d’être mise à la disposition de toute la gamme des opérations de l’OTAN.
Les consultations se poursuivent sur les structures et les méthodes d’instruction militaire de l’Azerbaïdjan, car le ministère de la Défense souhaite les adapter pour satisfaire aux normes de l’OTAN. Dans le cadre du PARP et parallèlement à celui-ci, l’OTAN et l’Azerbaïdjan coopèrent pour améliorer les capacités de commandement et de contrôle de chacune des armées ainsi que la logistique.
Les plans civils d’urgence
En coopération avec l’OTAN, l’Azerbaïdjan développe ses capacités nationales en matière de situations d’urgence civiles et de gestion des catastrophes en participant à des activités organisées par le Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC). Le peloton spécial azerbaïdjanais de recherche et de sauvetage a participé à plusieurs exercices organisés par l’EADRCC.
La science et l'environnement
Dans le cadre du programme « la science au service de la paix et de la sécurité » (SPS), l’Azerbaïdjan a reçu des subventions pour une trentaine de projets en coopération. Certains projets prévoient une collaboration pour améliorer la qualité des eaux transfrontières et pour protéger l’approvisionnement en eau potable en cas d’attentats terroristes. L’Azerbaïdjan participe également au projet « Route de la soie virtuelle », qui vise à améliorer l’accès à l’Internet d’universitaires et de chercheurs des pays du Caucase et d’Asie centrale grâce à un réseau de liaisons par satellite.
Des projets inscrits au programme SPS oeuvrent également à la protection de l'environnement. En 1991, une gigantesque explosion dans un ancien dépôt soviétique de munitions de la région d'Agstafa a disséminé des munitions explosives non explosées sur une vaste superficie. L’OTAN et l’Azerbaïdjan continuent de coopérer pour démilitariser ces débris dangereux. Un autre grand projet important consiste à transformer en produit chimique inoffensif les stocks dangereux de « melanj » - comburant de propergol extrêmement toxique et corrosif qu’utilisaient autrefois les pays du Pacte de Varsovie. L’Azerbaïdjan ayant demandé de l’aide, l’OTAN lui a envoyé une usine de conversion mobile, qui a été inaugurée officiellement en juillet 2006.
L’information du public
L’OTAN coopère aussi avec l’Azerbaïdjan pour améliorer l’accès à l’information et mieux faire connaître l’OTAN et les avantages de la coopération entre l’OTAN et l’Azerbaïdjan. L’Azerbaïdjan et l’OTAN ont officiellement inauguré, à Bakou en juillet 2006, le « centre euro-atlantique » de diffusion d’informations sur l’OTAN.
Depuis 2003, l’OTAN coparraine une école d’été à Bakou. Les programmes, élaborés au fil des années, ont abouti en 2005 à la création de l’école internationale de l’OTAN en Azerbaïdjan (NISA). Des séminaires ont été consacrés à la sécurité énergétique transatlantique et à la sécurité régionale.