Défense antimissile
Concrètement, qu'est-ce que cela signifie ?
L'Alliance mène trois activités en rapport avec la défense antimissile :
L'Alliance mène trois activités en rapport avec la défense antimissile :
L’OTAN met au point un système de défense active multicouche contre les missiles balistiques de théâtre (ALTBMD) pour protéger les troupes déployées en mission. Une capacité opérationnelle initiale axée sur la protection de la NRF (force de réaction de l’OTAN) contre les missiles balistiques à courte portée est prévue pour 2011. La capacité opérationnelle totale devrait être atteinte pour 2016-2017. Le système a pour but de protéger les forces déployées contre les missiles balistiques à courte et moyenne portée en interceptant ces derniers pendant la phase de propulsion, la phase balistique et la phase terminale.
Il s’agit d’un système de systèmes multicouche comportant des capteurs de détection lointaine, des radars et divers intercepteurs intégrés à un système de commandement, de contrôle, de communication et de renseignement pour la gestion tactique (BMC3I). Les pays membres de l'OTAN mettront à disposition les capteurs et les systèmes d'armes, tandis que l'OTAN mettra au point le système BMC3I financé en commun afin d’intégrer tous ces éléments.
Les technologies à la base du système
Différents systèmes sont mis au point, au niveau national ou multinational, pour assurer la capacité d’interception des missiles balistiques à différentes étapes du vol :
- en phase de propulsion, les missiles balistiques pourraient être interceptés par des UAV armés ou des lasers aéroportés ;
- en phase balistique, l’interception serait réalisée par des missiles de la couche supérieure, comme les missiles du futur Système de défense de zone du théâtre opérant à haute altitude (THAAD), qui sera déployé par les forces terrestres des États-Unis ;
- en phase terminale, l’interception serait assurée par plusieurs programmes transatlantiques multinationaux et notamment le système franco-italien Surface Air Moyenne Portée / Terre (SAMP/T), le système américano-germano-italien de défense aérienne élargie à moyenne portée (MEADS) et le système PAC-3 (Patriot Advance Capability III - potentiel évolué PATRIOT III) des États-Unis.
Les moyens navals seront une composante importante dans la TMD de l'OTAN. La défense navale contre les missiles balistiques de théâtre pourrait être assurée par des systèmes installés sur des navires de guerre, à l'instar du système AEGIS des États-Unis ou, à l'avenir, du système européen de missile antiaérien principal (PAAMS).
Une robuste architecture d'interconnexion de tous ces systèmes sera nécessaire pour la TMD de l'OTAN. Elle sera assurée par le Système de commandement et de contrôle aériens (ACCS), le Système d'information automatisé (AIS) des deux commandements stratégiques (Bi-SC AIS) et un segment de communication, dont l'OTAN a entrepris la mise au point et l'acquisition pour assurer une capacité BMC3I pour toute la gamme des missions de la défense aérienne élargie dans laquelle s'inscrira la TMD de l'OTAN.
Mise en œuvre
Deux études de faisabilité lancées en mai 2001 et portant sur un futur système TMD de l’Alliance ont été menées parallèlement par des équipes dirigées l’une par Lockheed-Martin Missiles and Fire Control, et la seconde par la Science Applications International Corporation (SAIC). L’OTAN a combiné les solutions techniques proposées par les deux études et élaboré un ensemble de besoins techniques pour une future architecture TMD répondant aux besoins militaires.
Une organisation de gestion du programme a été créée sous l’égide de la Conférence des directeurs nationaux des armements (CDNA) en mars 2005. En septembre 2006, un premier grand contrat pour la création d’un banc d'essai a été attribué à la SAIC. Ce contrat d'une valeur d'environ 75 millions d'euros a été signé par l'OTAN et la SAIC au sommet de l’OTAN à Riga en novembre 2006. L’OTAN devrait ainsi disposer d’une capacité opérationnelle initiale d’ici à 2011.
Une étude de faisabilité sur la défense antimissile a été lancée après le sommet de Prague en 2002 ; elle devait permettre d'examiner des options relatives à la protection du territoire, des forces et des populations de l'Alliance contre toute la gamme des menaces liées aux missiles. Cette étude a été réalisée par une équipe industrielle multinationale transatlantique en coopération avec l’OTAN. Elle concluait que la défense antimissile est techniquement faisable dans le cadre des hypothèses et des limites de l’étude. Les résultats, qui ont été approuvés par la CDNA en avril 2006, constituent la base technique des débats politiques et militaires qui ont lieu concernant le bien-fondé d’une défense antimissile de l’OTAN.
Dans ce contexte, l’Alliance a aussi examiné les détails techniques, ainsi que les incidences politiques et militaires des éléments proposés pour le système de défense antimissile américain en Europe. Certaines parties du système américain, qui pourraient être implantées en République tchèque et en Pologne, protègeraient le territoire de la plupart des pays membres de l’OTAN contre toute menace potentielle liée aux missiles. On étudie actuellement les moyens qui permettront d’intégrer cette capacité dans toute architecture future de défense antimissile à l’échelle de l’OTAN.
Différentes options pour une architecture globale de défense antimissile visant à étendre la couverture au territoire de tous les pays de l’Alliance non couverts par le système des États-Unis devront être définies pour être examinées au prochain sommet de l’OTAN en 2009.
Au sommet de Bucarest, les Alliés ont encouragé la Russie à mettre à profit les propositions de coopération en matière de défense antimissile formulées par les États-Unis. Ils se sont aussi déclarés prêts à étudier les possibilités de relier les systèmes de défense antimissile des États‑Unis, de l’OTAN et de la Russie en temps opportun.
Une étude a été lancée en 2003, sous l’égide du Conseil OTAN-Russie, en vue d’évaluer les niveaux possibles d’interopérabilité des systèmes TMD des États membres de l'OTAN et de la Russie.
En plus de l’étude d’interopérabilité, plusieurs exercices assistés par ordinateur ont été organisés pour servir de base à des améliorations futures dans le domaine de l’interopérabilité et permettre l’élaboration de mécanismes et de procédures applicables aux opérations conjointes dans le secteur de la défense contre les missiles de théâtre.
Plus de trois millions d’euros ont déjà été consacrés au programme portant sur l’étude et les exercices.