La campagne aérienne du Kosovo
L’OTAN a lancé une campagne aérienne, l’opération "Allied Force",
en mars 1999, pour mettre fin à la catastrophe humanitaire se déroulait
au Kosovo. La décision d’intervenir faisait suite à plus d’un an de combats
dans la province et à de vains efforts de la communauté internationale
pour résoudre le conflit par les voies diplomatiques.
À la fin de 1998, plus de 300 000 Kosovars avaient déjà fui leurs foyers, les divers accords de cessez-le-feu étaient systématiquement bafoués et les négociations étaient au point mort.
Deux séries de pourparlers, tenues sous l’égide de la communauté internationale à Rambouillet (France) en février et mars 1999, n’ont pas permis de sortir de l’impasse et ont épuisé toutes les voies diplomatiques. À l’époque, il aurait été possible d'assurer l’autonomie du Kosovo au sein de la République fédérale de Yougoslavie, et de la garantir par la présence d’une force dirigée par l’OTAN. Acceptée par la délégation albanophone, la proposition a toutefois été rejetée par Belgrade.
Quel était le but de l’opération ?
Les objectifs politiques de l’OTAN étaient qu’il soit mis un terme de façon vérifiable à toute action militaire, à la violence et à la répression ; que les forces militaires, les forces de police et les forces paramilitaires soient retirées du Kosovo ; que soit acceptée une présence militaire internationale au Kosovo ; que soit accepté le retour sans conditions et dans un climat de sécurité de tous les réfugiés et personnes déplacées, qu’il soit permis aux organisations d’aide humanitaire d’accéder sans entraves à ces personnes ; que soit établi un accord politique pour le Kosovo en conformité avec le droit international et la Charte des Nations Unies.
Comment s’est déroulée la campagne aérienne ?
Malgré les tensions, l’Alliance est restée unie pendant 78 jours de frappes aériennes, au cours desquels plus de 38 000 sorties ont été effectuées - dont 10 484 étaient des missions de frappe - sans que l’on ait à déplorer une seule victime alliée.
Après avoir commencé par viser les défenses aériennes de la République fédérale de Yougoslavie, l’OTAN a graduellement augmenté l’intensité de la campagne, utilisant les systèmes à guidage de précision les plus évolués et évitant dans toute la mesure possible de provoquer des pertes civiles.
Le choix des cibles était examiné à plusieurs niveaux de commandement afin de s’assurer qu’il était conforme au droit international, militairement justifié et qu’il réduisait au minimum les risques pour la population civile et la propriété privée.
Si elle est d’abord intervenue au Kosovo afin de protéger les albanophones contre l’épuration ethnique, l’OTAN se montre tout aussi déterminée à protéger les Serbes de la province contre un sort similaire depuis le déploiement de la KFOR dans la province en juin 1999.
L’historique
La tension qui couvait au Kosovo, du fait de l’imposition par Belgrade, en 1989, d’un régime d’administration directe de cette province à population majoritairement albanaise, a dégénéré, à la fin février 1998, en violence entre les forces serbes – armée et police – et les Albanais du Kosovo. La communauté internationale s’est montrée de plus en plus préoccupée par l’escalade du conflit, ses conséquences sur le plan humanitaire et le risque d’extension aux pays voisins, ainsi que par le mépris affiché par le Président de la Yougoslavie, Slobodan Milosevic, à l’égard des efforts diplomatiques entrepris pour trouver une solution pacifique à la crise dans laquelle les militants albanais du Kosovo jouaient un rôle déstabilisateur.
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Informations complémentaires sur ce thème :
- Chronologie de la campagne – compte rendu complet des points de presse quotidiens, clips vidéo
- "Le Kosovo un an après : réalisations et défis " - Rapport de Lord Robertson of Port Ellen, Secrétaire général de l’OTAN (21 mars 2000)