Ces mesures ont ouvert la voie à la création d’un partenariat
trilatéral entre l’Autorité de transition afghane, la Mission d’assistance
des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) et la FIAS.
La FIAS n’est pas une force des Nations Unies, mais une coalition
de pays volontaires déployée sous l’autorité du Conseil de sécurité
des Nations Unies (huit résolutions – les résolutions 1386, 1413, 1444,
1510 1563, 1623, 1659 et 1707– concernent la FIAS). Un accord militaro-technique
détaillé, établi entre le commandant de la FIAS et l’Autorité de
transition afghane, comporte des directives complémentaires relatives
aux opérations de la FIAS.
À l’origine, divers pays s’étaient portés volontaires afin
d'assurer, pour des périodes de six mois, la direction de la mission
de la FIAS. Le Royaume-Uni a assumé le rôle de pays chef de file pour
la première mission; la Turquie a ensuite pris le relais pour la deuxième.
La troisième de ces missions a été dirigée à partir de février 2003 par
l’Allemagne et les Pays-Bas, avec le soutien de l’OTAN.
L’OTAN prend le commandement de la FIAS
Depuis le 11 août 2003, l’OTAN soutient et dirige la FIAS, qui
est financée par les pays contributeurs de troupes. L’Alliance
assure le commandement, la coordination et la planification de la force.
Elle est notamment responsable de la désignation du commandant de la
force et de la mise en place d’un quartier général sur place en
Afghanistan.
La décision prise par l’OTAN en août 2003 d’assumer la direction
de la FIAS a permis de résoudre le problème de la recherche incessante
de nouveaux pays disposés à remplir la fonction de chef de file et de
surmonter les difficultés liées à la mise en place, tous les six mois,
d’un nouveau quartier général dans un environnement complexe. L’existence
d’un quartier général permanent de l’OTAN permettra aux petits
pays qui éprouvent des difficultés à remplir les fonctions de pays chef
de file de jouer un rôle important au sein d’une structure multinationale.
En novembre 2003, l’OTAN a nommé M. Hikmet Četin (Turquie) au
poste de haut représentant civil en Afghanistan. En août 2006, M. Daan
Everts (Pays-Bas) a succédé à M. Četin à ce poste. Le haut représentant
civil est chargé de faire progresser le volet politico-militaire de l’engagement
de l’Alliance en Afghanistan et il reçoit ses orientations du Conseil
de l’Atlantique Nord. Il travaille en étroite coordination avec
le commandant de la FIAS et les Nations Unies, ainsi qu’avec les
autorités afghanes et d’autres représentants de la communauté internationale
présents dans le pays, comme ceux de l’Union européenne par exemple.
Extension de la présence de l’OTAN en Afghanistan
Le mandat de la FIAS prévoyait au départ qu’elle devait assurer
la sécurité à Kaboul et dans ses environs. En octobre 2003, les Nations
Unies ont élargi le mandat de la FIAS à l’ensemble de l’Afghanistan
(résolution 1510 du Conseil de sécurité), ouvrant ainsi la voie à une
extension de la mission.
Étape 1 : vers le nord
En décembre 2003, le Conseil de l’Atlantique Nord, principale
instance décisionnelle de l’OTAN, a autorisé le Commandant suprême
des Forces alliées en Europe, le général James Jones, à amorcer l’extension
de la mission de la FIAS en prenant le commandement de l’équipe
de reconstruction provinciale (PRT) de Kunduz, jusqu’alors dirigée
par l’Allemagne.
Les PRT sont de petites équipes composées de civils et de militaires
présentes dans les provinces afghanes, où elles assurent la sécurité
des travailleurs humanitaires et contribuent aux travaux de reconstruction.
Elles jouent un rôle essentiel à l’appui des trois piliers de l’Accord
de Bonn : la sécurité, la reconstruction et la stabilité politique.
En 2003, outre celle de Kunduz, il existait huit autres PRT relevant
de l’opération Enduring Freedom, opération militaire dirigée par
les États-Unis et chargée de lutter contre le terrorisme en Afghanistan.
Le 31 décembre 2003, la composante militaire de la PRT de Kunduz a été
placée sous le commandement de la FIAS. Il s’agissait là d’un
projet pilote qui a constitué un premier pas vers l’extension de
la mission.
Six mois plus tard, le 28 juin 2004, lors de la réunion au sommet des
chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN
à Istanbul, l’Alliance a annoncé qu’elle créerait quatre
équipes de reconstruction provinciales supplémentaires dans le nord du
pays : à Mazar-e-Charif, à Maimana, à Faizabad et à Baghlan.
Zone d’opération de l’OTAN en Afghanistan (carte)
Ce processus s’est achevé le 1er octobre 2004, ce qui marquait
la fin de la première phase de l’extension de la mission de la
FIAS. La zone d’opération de la FIAS couvrait alors quelque 3 600
kilomètres carrés à Kaboul et alentour et environ 185 000 kilomètres
carrés dans le nord du pays. La sphère d'influence de la mission en matière
de sécurité englobait neuf provinces du nord de l'Afghanistan.
Étape 2 : vers l’ouest
Le 10 février 2005, l’OTAN a annoncé une nouvelle extension de
la mission de la FIAS, cette fois vers l’ouest de l’Afghanistan.
Le processus a débuté le 31 mai 2005, avec le passage sous commandement
de la FIAS de deux PRT supplémentaires dans les provinces de Hérat et
de Farah et d’une base de soutien avancée (centre logistique) à
Hérat.
Début septembre, deux autres PRT dirigées par la FIAS étaient opérationnelles
dans l’ouest de l’Afghanistan, l’une à Chaghcharan,
capitale de la province de Ghor et l’autre à Qal’eh-Now,
capitale de la province de Baghdis ; l’extension de la mission
de la FIAS vers l’ouest était ainsi menée à son terme.
La mission de la FIAS dirigeait au total neuf PRT au nord et à l’ouest
et elle fournissait une assistance à la sécurité sur 50% du territoire
afghan. L’Alliance a continué de préparer l’extension de
la mission de la FIAS vers le sud du pays.
En septembre 2005, l’Alliance a provisoirement déployé 2 000 soldats
supplémentaires en Afghanistan pour assurer la sécurité des élections
provinciales et législatives du 18 septembre.
Étapes 3: vers le sud
Réunis le 8 décembre 2005 au siège de l’OTAN à Bruxelles, les
ministres des affaires étrangères des pays de l’Alliance ont approuvé
un plan qui ouvrait la voie au renforcement du rôle et de la présence
de la FIAS en Afghanistan.
Le premier élément de ce plan était l’extension de la mission
de la FIAS vers le sud en 2006 (étape 3).
Ce plan a été mis en œuvre le 31 juillet 2006 lorsque la FIAS a pris
la relève des forces de la Coalition que dirigeaient jusqu’alors
les États-Unis dans la région sud de l’Afghanistan, élargissant
ainsi sa zone d’opération à six provinces supplémentaires - Daikondi,
Helmand, Kandahar, Nimroze, Uruzgan et Zaboul – et assumant le commandement
de quatre équipes de reconstruction provinciales supplémentaires.
Avec son mandat élargi, la FIAS dirigeait alors 13 équipes de reconstruction
provinciales dans le nord, l’ouest et le sud, soit sur les trois
quarts du territoire afghan.
Le nombre de soldats de la FIAS présents dans le pays a aussi considérablement
augmenté puisqu’il est passé d’environ 10 000 avant l’extension
de la mission à environ 20 000 après.
Étape 4 : en s’étendant vers l’est, la FIAS
assume la responsabilité de l'ensemble du pays
Le 5 octobre 2006, la FIAS a mis en œuvre la dernière étape de son extension
en prenant la relève des forces de la coalition militaire internationale
dans l'est de l'Afghanistan, qui étaient jusqu'alors commandées par les États-Unis.
La mission de l’Alliance couvre à présent l’ensemble de
l’Afghanistan. L’OTAN dirige environ 30 000 soldats originaires
de 37 pays et 25 équipes de reconstruction provinciales.
Outre l'extension de la zone d’opérations de l’OTAN, le
plan opérationnel révisé a aussi ouvert la voie à un accroissement du
rôle de la FIAS dans le pays. Elle est notamment chargée de déployer
des équipes d’encadrement et de liaison opérationnels auprès des
unités de l’armée nationale afghane à divers échelons de commandement.
Il s’agit de petits groupes d’officiers et de sous-officiers
expérimentés qui guideront et encadreront les unités de l’armée
nationale afghane auprès desquelles ils seront détachés.
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