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Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS)

Quelle a été l’évolution de cette opération ?

La FIAS a été créée conformément aux décisions de la conférence tenue à Bonn en décembre 2001, après le renversement du régime des talibans. Les dirigeants de l’opposition afghane qui participaient à cette conférence ont amorcé le processus de reconstruction du pays en créant une nouvelle structure gouvernementale, l’Autorité de transition afghane. Un concept de force internationale opérant en vertu d’un mandat des Nations Unies et chargée d’aider l’Autorité de transition afghane nouvellement créée a été également lancé afin d’instaurer un environnement sûr à Kaboul et dans ses environs et de soutenir la reconstruction de l’Afghanistan.

Ces mesures ont ouvert la voie à la création d’un partenariat trilatéral entre l’Autorité de transition afghane, la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) et la FIAS.

La FIAS n’est pas une force des Nations Unies, mais une coalition de pays volontaires déployée sous l’autorité du Conseil de sécurité des Nations Unies (huit résolutions – les résolutions 1386, 1413, 1444, 1510 1563, 1623, 1659 et 1707– concernent la FIAS). Un accord militaro-technique détaillé, établi entre le commandant de la FIAS et l’Autorité de transition afghane, comporte des directives complémentaires relatives aux opérations de la FIAS.

À l’origine, divers pays s’étaient portés volontaires afin d'assurer, pour des périodes de six mois, la direction de la mission de la FIAS. Le Royaume-Uni a assumé le rôle de pays chef de file pour la première mission; la Turquie a ensuite pris le relais pour la deuxième. La troisième de ces missions a été dirigée à partir de février 2003 par l’Allemagne et les Pays-Bas, avec le soutien de l’OTAN.

L’OTAN prend le commandement de la FIAS

Depuis le 11 août 2003, l’OTAN soutient et dirige la FIAS, qui est financée par les pays contributeurs de troupes. L’Alliance assure le commandement, la coordination et la planification de la force. Elle est notamment responsable de la désignation du commandant de la force et de la mise en place d’un quartier général sur place en Afghanistan.

La décision prise par l’OTAN en août 2003 d’assumer la direction de la FIAS a permis de résoudre le problème de la recherche incessante de nouveaux pays disposés à remplir la fonction de chef de file et de surmonter les difficultés liées à la mise en place, tous les six mois, d’un nouveau quartier général dans un environnement complexe. L’existence d’un quartier général permanent de l’OTAN permettra aux petits pays qui éprouvent des difficultés à remplir les fonctions de pays chef de file de jouer un rôle important au sein d’une structure multinationale.

En novembre 2003, l’OTAN a nommé M. Hikmet Četin (Turquie) au poste de haut représentant civil en Afghanistan. En août 2006, M. Daan Everts (Pays-Bas) a succédé à M. Četin à ce poste. Le haut représentant civil est chargé de faire progresser le volet politico-militaire de l’engagement de l’Alliance en Afghanistan et il reçoit ses orientations du Conseil de l’Atlantique Nord. Il travaille en étroite coordination avec le commandant de la FIAS et les Nations Unies, ainsi qu’avec les autorités afghanes et d’autres représentants de la communauté internationale présents dans le pays, comme ceux de l’Union européenne par exemple.

Extension de la présence de l’OTAN en Afghanistan

Le mandat de la FIAS prévoyait au départ qu’elle devait assurer la sécurité à Kaboul et dans ses environs. En octobre 2003, les Nations Unies ont élargi le mandat de la FIAS à l’ensemble de l’Afghanistan (résolution 1510 du Conseil de sécurité), ouvrant ainsi la voie à une extension de la mission.

Étape 1 : vers le nord

En décembre 2003, le Conseil de l’Atlantique Nord, principale instance décisionnelle de l’OTAN, a autorisé le Commandant suprême des Forces alliées en Europe, le général James Jones, à amorcer l’extension de la mission de la FIAS en prenant le commandement de l’équipe de reconstruction provinciale (PRT) de Kunduz, jusqu’alors dirigée par l’Allemagne.

Les PRT sont de petites équipes composées de civils et de militaires présentes dans les provinces afghanes, où elles assurent la sécurité des travailleurs humanitaires et contribuent aux travaux de reconstruction. Elles jouent un rôle essentiel à l’appui des trois piliers de l’Accord de Bonn : la sécurité, la reconstruction et la stabilité politique. En 2003, outre celle de Kunduz, il existait huit autres PRT relevant de l’opération Enduring Freedom, opération militaire dirigée par les États-Unis et chargée de lutter contre le terrorisme en Afghanistan.

Le 31 décembre 2003, la composante militaire de la PRT de Kunduz a été placée sous le commandement de la FIAS. Il s’agissait là d’un projet pilote qui a constitué un premier pas vers l’extension de la mission.

Six mois plus tard, le 28 juin 2004, lors de la réunion au sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN à Istanbul, l’Alliance a annoncé qu’elle créerait quatre équipes de reconstruction provinciales supplémentaires dans le nord du pays : à Mazar-e-Charif, à Maimana, à Faizabad et à Baghlan.

Zone d’opération de l’OTAN en Afghanistan (carte)

Ce processus s’est achevé le 1er octobre 2004, ce qui marquait la fin de la première phase de l’extension de la mission de la FIAS. La zone d’opération de la FIAS couvrait alors quelque 3 600 kilomètres carrés à  Kaboul et alentour et environ 185 000 kilomètres carrés dans le nord du pays. La sphère d'influence de la mission en matière de sécurité englobait neuf provinces du nord de l'Afghanistan.

Étape 2 : vers l’ouest

Le 10 février 2005, l’OTAN a annoncé une nouvelle extension de la mission de la FIAS, cette fois vers l’ouest de l’Afghanistan.

Le processus a débuté le 31 mai 2005, avec le passage sous commandement de la FIAS de deux PRT supplémentaires dans les provinces de Hérat et de Farah et d’une base de soutien avancée (centre logistique) à Hérat.

Début septembre, deux autres PRT dirigées par la FIAS étaient opérationnelles dans l’ouest de l’Afghanistan, l’une à Chaghcharan, capitale de la province de Ghor et l’autre à Qal’eh-Now, capitale de la province de Baghdis ; l’extension de la mission de la FIAS vers l’ouest était ainsi menée à son terme.

La mission de la FIAS dirigeait au total neuf PRT au nord et à l’ouest et elle fournissait une assistance à la sécurité sur 50% du territoire afghan. L’Alliance a continué de préparer l’extension de la mission de la FIAS vers le sud du pays.

En septembre 2005, l’Alliance a provisoirement déployé 2 000 soldats supplémentaires en Afghanistan pour assurer la sécurité des élections provinciales et législatives du 18 septembre.

Étapes 3: vers le sud

Réunis le 8 décembre 2005 au siège de l’OTAN à Bruxelles, les ministres des affaires étrangères des pays de l’Alliance ont approuvé un plan qui ouvrait la voie au renforcement du rôle et de la présence de la FIAS en Afghanistan.

Le premier élément de ce plan était l’extension de la mission de la FIAS vers le sud en 2006 (étape 3).

Ce plan a été mis en œuvre le 31 juillet 2006 lorsque la FIAS a pris la relève des forces de la Coalition que dirigeaient jusqu’alors les États-Unis dans la région sud de l’Afghanistan, élargissant ainsi sa zone d’opération à six provinces supplémentaires - Daikondi, Helmand, Kandahar, Nimroze, Uruzgan et Zaboul – et assumant le commandement de quatre équipes de reconstruction provinciales supplémentaires.

Avec son mandat élargi, la FIAS dirigeait alors 13 équipes de reconstruction provinciales dans le nord, l’ouest et le sud, soit sur les trois quarts du territoire afghan.

Le nombre de soldats de la FIAS présents dans le pays a aussi considérablement augmenté puisqu’il est passé d’environ 10 000 avant l’extension de la mission à environ 20 000 après.

Étape 4 : en s’étendant vers l’est, la FIAS assume la responsabilité de l'ensemble du pays

Le 5 octobre 2006, la FIAS a mis en œuvre la dernière étape de son extension en prenant la relève des forces de la coalition militaire internationale dans l'est de l'Afghanistan, qui étaient jusqu'alors commandées par les États-Unis.

La mission de l’Alliance couvre à présent l’ensemble de l’Afghanistan. L’OTAN dirige environ 30 000 soldats originaires de 37 pays et 25 équipes de reconstruction provinciales.

Outre l'extension de la zone d’opérations de l’OTAN, le plan opérationnel révisé a aussi ouvert la voie à un accroissement du rôle de la FIAS dans le pays. Elle est notamment chargée de déployer des équipes d’encadrement et de liaison opérationnels auprès des unités de l’armée nationale afghane à divers échelons de commandement. Il s’agit de petits groupes d’officiers et de sous-officiers expérimentés qui guideront et encadreront les unités de l’armée nationale afghane auprès desquelles ils seront détachés.