L’Initiative de coopération d'Istanbul (ICI)
S’ouvrir au Moyen-Orient élargi
Lancée au sommet que l’Alliance a tenu dans la capitale turque en juin 2004, l’Initiative de coopération d’Istanbul vise à contribuer à la sécurité à long terme aux niveaux mondial et régional par une offre de coopération pratique bilatérale entre les pays du Moyen-Orient élargi et l’OTAN dans le domaine de la sécurité.
L'Initiative de coopération d’Istanbul concerne principalement l’instauration d’une coopération pratique dans des domaines où l’OTAN peut apporter une valeur ajoutée, notamment en matière de sécurité. Six pays du Conseil de coopération du Golfe ont été initialement invités à se joindre à cette initiative. Aujourd'hui, quatre d'entre eux - le Bahreïn, le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis - ont donné suite à l'invitation, l'Arabie saoudite et Oman ayant quant à eux fait part de leur intérêt.
Cette initiative, fondée sur le principe de l’inclusivité,
est cependant ouverte à tous les pays intéressés
de la région du Moyen-Orient élargi qui souscrivent à ses
objectifs et à son contenu, notamment la lutte contre le terrorisme
et contre la prolifération des armes de destruction massive.
Il est entendu que le terme « pays » figurant
dans le document n’exclut pas, sous réserve de l’approbation
du Conseil, une coopération avec l’Autorité palestinienne
au titre de la présente initiative.
La participation de chaque pays intéressé sera examinée
par le Conseil de l’Atlantique Nord au cas par cas et en fonction
de ses mérites intrinsèques. Cette participation dépendra
largement, tout comme le rythme et l’étendue de la coopération,
de la réponse de chacun et du degré d’intérêt
manifesté. À ce jour, quatre des six pays précités
- Bahreïn, Qatar, Koweït, les Émirats arabes unis
se sont joints à l’initiative, et les six se sont tous
montrés vivement intéressés.
Sur quels grands principes cette initiative est-elle
fondée?
L’ICI est fondée sur un certain nombre de principes
importants:
- c’est une initiative de coopération, qui repose sur la notion de
coappropriation et sur les intérêts mutuels de l’OTAN et des pays
de la région, et qui tient compte de leur diversité et de leurs besoins
spécifiques;
- c’est un processus distinct, mais qui tient compte et vient en
complément d’autres initiatives internationales, notamment du G8
et d’organisations internationales telles que l’Union européenne
et l’OSCE.
Comment cela se traduit-il dans les faits?
L’initiative propose une liste d’activités bilatérales couvrant six
domaines différents, parmi lesquelles les pays peuvent faire leur choix:
- conseils adaptés sur la réforme de la défense,
l’établissement des budgets de défense, la planification
de la défense et les relations civilo-militaires;
- coopération entre militaires, afin de contribuer à l’interopérabilité par
la participation à certains exercices militaires et à des
activités de formation et d’entraînement connexes
qui pourraient améliorer l’aptitude des forces des pays
participants à mener des opérations avec celles de l’Alliance
; et par la participation à certains exercices de l’OTAN
et du PPP et, au cas par cas, à des opérations dirigées
par l’OTAN ;
- coopération à la lutte contre le terrorisme, y compris
par le partage du renseignement ;
- coopération à l’action de l’Alliance contre
la prolifération des armes de destruction massive et de leurs
vecteurs ;
- coopération à la sécurisation des frontières
en ce qui concerne le terrorisme, les armes légères et
de petit calibre, et la lutte contre les trafics illicites ;
- plans civils d’urgence, y compris la participation à des
stages de formation et à des exercices sur les opérations
de secours en cas de catastrophe.
Comment cette initiative a-t-elle évolué?
L’OTAN apprécie pleinement la nécessité d’une
large coopération internationale et d’un effort collectif
pour faire face aux menaces nouvelles et complexes du monde d’aujourd’hui.
C’est dans ce but qu’elle a mis en place, et continue de
mettre en place, un réseau de partenariats dans le domaine de
la sécurité.
Dans le désert de l’existence, le sage voyage
en caravane, tandis que le fou préfère voyager seul
Proverbe arabe
Cette initiative a été précédée
d’une série de consultations de haut niveau menées
par le Secrétaire général délégué de
l’OTAN, l’ambassadeur Minuto Rizzo, en mai, septembre
et décembre 2004 ; avec six pays de la région (Bahreïn,
Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis).
Ces pays se sont tous montrés vivement intéressés
par l’Initiative.
L’ICI a été lancée au sommet des chefs d’État
et de gouvernement organisé à Istanbul le 28 juin 2004.
Après ce sommet, entre septembre et décembre 2004, le
Secrétaire général délégué a
effectué une nouvelle série de visites aux six pays membres
du Conseil de coopération du Golfe afin d’examiner avec
eux la voie à suivre.
Au cours du premier trimestre 2005, trois pays (Bahreïn, Qatar,
Koweït) se sont officiellement joints à l’Initiative.
Une conférence sur le thème « L’OTAN
et le Moyen-Orient élargi » a été organisée
en mars 2005 à Rome par la Division Diplomatie publique et le
Collège de défense de l’OTAN. Plus d’une centaine
de participants de l’OTAN et des pays du Golfe, - hauts responsables,
parlementaires, universitaires et experts en sécurité -
ont ainsi eu la possibilité d’échanger leurs points
de vue et d’examiner de nouvelles idées sur la mise en œuvre
de l’Initiative.
En juin 2005, les Émirats arabes unis se sont joints à l’initiative.
Quels sont les organismes de l’OTAN
qui jouent un rôle central?
À la suite du lancement de l’ICI, l’Alliance
a décidé la création du Groupe sur l’Initiative
de coopération d’Istanbul, composé de conseillers
politiques des 26 délégations des pays membres
de l’Organisation.
Ce groupe est chargé de définir les procédures à suivre
pour dresser une liste d’activités pratiques qui pourraient être
menées avec les pays intéressés et veiller à leur
mise en œuvre. Il sera également chargé de faire
rapport au Conseil ou au Comité politique au niveau élevé et
de préparer le terrain pour les décisions à adopter
par le Conseil concernant l’ICI.
En outre, le Groupe, en configuration 26+1, associera les pays
de l’ICI à l’élaboration de programmes
de travail individuels et au suivi de leur mise en œuvre.