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Formation et entraînement

Comment cela se traduit-il dans la pratique ?

Améliorer l'interopérabilité

Les effectifs utilisés pour les opérations de l’OTAN sont fournis par les pays membres et les pays partenaires de l’OTAN, ainsi que par des pays qui ne sont ni membres ni partenaires, comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

L’OTAN a pour priorité de veiller à ce que ces forces multinationales puissent travailler ensemble de manière efficace malgré les différences de tactique, de doctrine, d’entraînement, de structure et de langue. Cette « interopérabilité » s’obtient de diverses manières, notamment en organisant des stages, des séminaires et des exercices, mais aussi en élaborant des doctrines et en procédant à des expérimentations.

Stages et séminaires

Le réseau d’établissements de formation de l’OTAN offre toute une série de stages sur des questions tant stratégiques qu’opérationnelles. S’il est vrai que les stages proposés ne sont pas toujours les mêmes, il sont cependant tous axés sur les connaissances et les compétences que doivent posséder les personnes appelées à occuper des postes de responsabilité ou des postes spécialisés dans la structure de l'Alliance ou qui occupent dans leur pays un poste en rapport avec l’OTAN.

Par exemple, le programme d’étude stratégique traite de questions présentant une importance politico-stratégique comme l’évolution de l’environnement de sécurité international et les effets qu’elle pourrait avoir sur les pays de l’OTAN. En 2005, le Collège de défense de l’OTAN, dont les locaux sont à Rome (Italie) et qui est le principal établissement d’enseignement de l’OTAN pour les questions stratégiques, a formé plus de 400 officiers supérieurs originaires de pays de l’OTAN et de pays partenaires.

La formation au niveau opérationnel porte essentiellement sur la planification conjointe des opérations, la logistique, les communications, les plans civils d’urgence et la coopération civilo-militaire. En 2005, l’École de l’OTAN d’Oberammergau (Allemagne), qui est le principal centre de formation au niveau opérationnel, a organisé 176 stages et conférences sur ce type de sujet et plus de 10 000 stagiaires de 54 pays y ont participé.

Les stages ont une durée variable, qui peut aller d’une journée à plusieurs mois en fonction du type d’activité. La session principale au Collège de défense de l’OTAN, par exemple, est un stage de six mois qui s’adresse aux officiers supérieurs, alors que le stage sur la coopération civilo-militaire, qui est donné à l’École de l’OTAN, ne dure qu’une semaine et s’adresse aux agents de niveau intermédiaire.

Ces établissements ne sont pas seulement ouverts aux personnels des pays membres de l’OTAN, de nombreux stages et séminaires sont aussi accessibles aux personnels des pays qui participent au programme de Partenariat pour la paix, au Dialogue méditerranéen et à l’Initiative de coopération d’Istanbul, ainsi qu’à certains "pays de contact » (pays qui ne sont ni membres ni partenaires). Un certain nombre de stages et de séminaires sont également ouverts aux civils.

Exercices

Les exercices sont l’occasion de tester et de valider tous les aspects des opérations de l’OTAN et notamment les procédures, les concepts, les systèmes et la tactique.

Les exercices contribuent aussi à réaliser l’interopérabilité en mettant l’accent sur l’entraînement pratique du personnel des pays de l’OTAN et des pays qui coopèrent avec l’Alliance dans le cadre de différents dispositifs.

Au cours d’un exercice, les forces sont généralement invitées à réagir à un scénario fictif susceptible de se produire dans la réalité. Cela leur permet d’appliquer concrètement les enseignements tirés de leur formation et de leur expérience, et accroît leur niveau de préparation en cas de déploiement lors d’une crise.

Les exercices portent sur toute la gamme des opérations militaires, depuis le combat jusqu’aux secours humanitaires en passant par la stabilisation et la reconstruction. Ils peuvent durer une journée ou plusieurs semaines et mobilisent un nombre variable de participants selon qu’il s’agit de l’étude d’un problème isolé (quelques officiers) ou de scénarios de combat à grande échelle mettant en jeu de nombreux avions, navires, pièces d’artillerie, véhicules blindés et faisant intervenir des milliers de soldats.

L’Alliance met également à l’épreuve ses dispositions politiques et militaires au niveau stratégique. Cela permet d’affiner le processus de consultation et de décision de l’OTAN et de tenir informés les « conseillers principaux » - hauts responsables politiques non élus et commandants militaires - du mode de fonctionnement de l'Alliance.

Plus récemment, on a mis l’accent sur les exercices organisés pour la Force de réaction de l’OTAN. Cet entraînement a pour but de tester et de valider l’aptitude de la force à se déployer rapidement et à opérer efficacement dans différentes situations.

Les partenaires de l’OTAN prennent activement part aux exercices en tant que participants et en tant qu’hôtes dans le cadre du programme d'entraînement et d'exercices militaires. Leurs forces militaires – dont certaines étaient ennemies de l’Alliance pendant la Guerre froide – se sont habituées à travailler aux côtés des forces de l’OTAN, opérant avec elles dans des situations complexes et difficiles. Cela a été crucial pour renforcer la confiance et la compréhension entre les forces militaires et entre les pays qu’elles représentent.

Expériences et développement

L’OTAN essaie en permanence d’améliorer le mode opératoire de ses forces. Conformément à son programme de transformation, l’Alliance continue de privilégier l’élaboration de nouveaux concepts et la mise en place de nouvelles capacités pour que les forces de l’OTAN soient entraînées et équipées au meilleur niveau.

Les pays de l’OTAN mènent leurs propres expériences. L’Alliance – par l’intermédiaire de son Commandement allié Transformation et des organismes subordonnés de celui-ci – offre aux pays membres un cadre qui leur permet d’échanger leurs savoirs sur les concepts et les capacités.

Il y a également des domaines dans lesquels l’Alliance peut jouer un rôle moteur. L’OTAN élabore actuellement un certain nombre de nouveaux concepts et elle met en place de nouvelles capacités qui serviront ses forces, en particulier dans la lutte contre le terrorisme. Le Centre de recherche sous-marine de l'OTAN de La Spezia (Italie) par exemple met au point de nouvelles technologies et des formations pour la reconnaissance sous-marine et la protection des ports.

L’Alliance a également mis en œuvre un certain nombre de nouveaux concepts destinés à renforcer l’interopérabilité entre ses forces. Le « dispositif de suivi des forces amies de l’OTAN", par exemple, est utilisé en Afghanistan pour aider les forces dirigées par l’OTAN à mieux coordonner leurs actions et à réduire les risques de pertes.

Travailler avec les Partenaires de l’OTAN sur la réforme de la défense

Les pays membres de l’OTAN réduisent progressivement leurs effectifs, leurs équipements et leurs bases militaires depuis la fin de la Guerre froide, et ils transforment leurs forces pour pouvoir mieux répondre aux besoins actuels en matière de défense. De nombreux pays partenaires entament à peine ce long et difficile processus, et ils ne disposent souvent que d’un savoir-faire et de moyens limités.

Les programmes de formation et d’entraînement de l’Alliance – qui au départ étaient axés sur l’amélioration de l’interopérabilité entre les forces des pays de l’OTAN et les forces des pays partenaires – ont été développés pour permettre aux pays membres et aux Partenaires de collaborer dans les domaines de la formation et de l’entraînement afin de faire avancer le processus de réforme de la défense. Ces programmes comportent des stages et des séminaires, un réseau de formation, une assistance « à la carte » et l’accès à des experts de l’OTAN.

En outre, en 2005, l’OTAN a lancé l’initiative « la formation et l'entraînement pour la réforme de la défense ». Cette initiative permet aux pays membres de l’OTAN et aux Partenaires de coopérer sur des programmes de formation et d’entraînement adaptés à la réforme de la défense ; ces  programmes s’adressent tant aux militaires qu’aux civils. Avec le temps, cette initiative constituera le dispositif unique auquel les pays feront appel pour les activités de formation et d'entraînement relatives à la réforme de la défense.

Stages, séminaires et exercices

Les pays qui travaillent avec l’OTAN dans le cadre de différents mécanismes de coopération (Partenariat pour la paix, Dialogue méditerranéen et Initiative de coopération d’Istanbul), ainsi que les personnels des pays dits de contact (pays qui ne sont ni membres ni partenaires, l’Australie et la Nouvelle-Zélande par exemple) peuvent participer à toute une série d’activités de formation et d’entraînement OTAN.

En 2005, les membres du Conseil de partenariat euro-atlantique – qui comprend les pays de l’Alliance et les pays du Partenariat pour la paix (PPP) - ont coopéré à plus de 860 stages, tables rondes, séminaires et ateliers.

La même année, l’École de l’OTAN à elle seule a organisé 44 stages qui étaient ouverts aux Partenaires et elle a reçu des participants originaires de 28 pays non OTAN.

Réseau de formation et d’entraînement du Partenariat

En plus des établissements financés par l’OTAN comme le Collège de défense de l’OTAN et l’École de l’OTAN, les pays membres et les pays partenaires ont créé un réseau spécialisé d’institutions qui assurent des programmes de formation pour l’OTAN et ses partenaires.

Ce réseau comprend :

  • Les Centres d’excellence
  • Le réseau OTAN/PPP de formation et d’entraînement
  • Les centres d’entraînement du PPP
  • Le Groupement d’institutions d’études de défense et de sécurité du PPP

On trouvera des précisions dans la section « Qui participe ? »

Formation et entraînement « à la carte »

Chaque pays qui met en œuvre une réforme de la défense en consultation avec l'OTAN adopte un programme qui lui est propre et dont la complexité et l’ampleur varient en fonction de ses centres d’intérêt, de sa motivation et de sa coopération.

Ce dispositif « à la carte » comprend - en plus des stages, séminaires et exercices OTAN – des programmes adaptés de formation et d’entraînement tels que la formation pratique, la formation linguistique, la reconversion et la réinsertion du personnel militaire dégagé des cadres.

Par exemple, pour aider l’Ukraine à gérer les conséquences de la réforme de la défense, l’OTAN a financé et mis en oeuvre des stages de langue et de gestion en coopération avec le Centre national ukrainien de coordination, qui est chargé de l'adaptation sociale du personnel militaire dégagé des cadres.

Les « équipes mobiles de formation et d’entraînement » (METT) sont encore un bon exemple des outils que l’Alliance utilise pour répondre aux besoins individuels des Partenaires en matière de réforme de la défense. Les METT sont de petits groupes d’instructeurs qui se rendent dans les pays pour dispenser une formation adaptée à la situation sur place.

En 2005, l’École de l’OTAN à elle seule a déployé dans huit pays dix de ces équipes, qui ont formé plus de 750 personnes.

Avis et savoir-faire

Les pays de l’OTAN comptent parmi les plus avancés du monde sur le plan des capacités de défense. Les pays qui coopèrent avec l'Alliance dans le domaine de la réforme de la défense peuvent tirer parti du savoir-faire que les Alliés ont acquis.

Pour ce faire, la plupart des pays font appel au processus de planification et d'examen (PARP) du Partenariat pour la paix, qui permet aux pays de l’OTAN et aux Partenaires de l’Europe de l’ouest de mettre en commun leur savoir-faire et de fournir de l’aide en vue de régler les sérieux problèmes théoriques et pratiques liés au processus de réforme de la défense.

Les pays qui entretiennent des relations spéciales avec l’Alliance peuvent disposer de mécanismes supplémentaires pour échanger avis et savoir-faire. Par exemple, le Groupe de travail conjoint OTAN-Ukraine sur la réforme de la défense sert de cadre aux consultations sur des initiatives aussi diverses que les relations civilo-militaires, le contrôle démocratique et la gestion civile des forces armées, les plans de défense, les orientations, la stratégie et les concepts de sécurité nationale.

Initiative de formation pour la région de la Méditerranée et du Moyen-Orient

Lors du Sommet de l’OTAN tenu à Riga en 2006, l’Alliance a décidé d’intensifier la coopération en matière de formation avec les pays partenaires du Dialogue méditerranéen (DM) et de l’Initiative de coopération d’Istanbul (ICI).

Dans un premier temps, il s’agira d’élargir la participation des pays du DM et de l’ICI dans le cadre des programmes OTAN pertinents d’entraînement et de formation proposés actuellement, ainsi que des activités de partenariat, d’une manière qui réponde aux besoins des Alliés et des Partenaires, et peut-être, dès le printemps 2007, de créer un département du Moyen-Orient au Collège de défense de l’OTAN, à Rome.

Dans un deuxième temps, l’OTAN pourrait envisager de soutenir la création d’un centre de coopération pour la sécurité dans la région, qui appartiendrait aux pays du DM et de l'ICI, avec un financement régional et une aide de l'OTAN.

La formation et l’entraînement dans les opérations dirigées par l’OTAN

Les efforts que déploie l’OTAN pour instaurer la stabilité dans les régions en crise ne se limitent pas au déploiement de troupes. En proposant des programmes de formation et d’entraînement, l’OTAN aide les pays comme l’Afghanistan et l’Iraq à mettre en place leurs propres institutions de sécurité et à assurer leur propre sécurité.

Afghanistan

Un élément important de l’engagement de l’OTAN en Afghanistan est l’aide qu’elle apporte à ce pays pour qu'il mette en place ses structures et ses forces de sécurité. Les États-Unis sont responsables, au sein du G8, de l’entraînement de l'armée nationale afghane et l’OTAN leur apporte son aide et son soutien.

Cette aide prend la forme de stages spéciaux pour inculquer aux soldats afghans des compétences spécifiques et les préparer à collaborer étroitement avec les forces de l’OTAN. L’Alliance a également déployé des équipes opérationnelles de tutorat et de liaison auprès d'unités de l'armée nationale afghane à différents échelons de commandement. Il s'agit de petits groupes d'officiers et de sous-officiers expérimentés qui entraînent et encadrent les unités de l'armée afghane auxquelles ils sont attachés.

En 2006, l’OTAN a signé avec l’Afghanistan une déclaration mettant en place un programme substantiel de coopération à long terme, qui prévoit un complément d'aide pour l'entraînement et notamment l'accès des Afghans aux activités de partenariat et aux stages de l'OTAN, des avis et du savoir-faire sur la réforme de la défense et l’établissement d’institutions de sécurité, ainsi qu’une assistance spécifique comme la formation linguistique.

L’OTAN et la Russie collaborent également, dans le cadre du Conseil OTAN-Russie sur un projet pilote de formation à la lutte antidrogue destiné au personnel d’Afghanistan et d’Asie centrale.

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L’Union africaine

À la demande de l’Union africaine (UA), l'OTAN aide celle-ci à consolider sa force de maintien de la paix au Darfour pour qu'elle puisse mettre fin à la violence qui secoue la région. L’OTAN forme les troupes de l’UA à la planification stratégique, aux procédures opérationnelles et elle a contribué à l’organisation d’un exercice sur cartes dirigé par les Nations Unies.

Plusieurs centaines d’officiers de l’UA ont participé à la formation proposée par l’OTAN.

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Iraq

Depuis 2004, l’OTAN aide l’Iraq à assurer sa propre sécurité en formant du personnel iraquien et en apportant son soutien à l’établissement des institutions de sécurité du pays.

L’OTAN forme et encadre, dans ses écoles et ses centres d’entraînement, des personnels de rang intermédiaire et supérieur des forces de sécurité iraquiennes en Iraq et à l’extérieur du pays. Elle assure aussi la coordination des offres d’équipements et de formation faites par certains pays de l’OTAN et certains pays partenaires.