Interopérabilité
Au cours des premières années de l’Alliance, les forces de l’OTAN organisaient des entraînements conjoints pour renforcer leur capacité de défense collective. Autrement dit, la formation et l’entraînement servaient à préparer les forces à une attaque éventuelle.
Une force intégrée sous un commandement centralisée a été mise en place en septembre 1950. Le premier Commandant suprême des forces alliées en Europe, le général Dwight D. Eisenhower, a été nommé en décembre 1950.
Après la nomination du général Eisenhower, les forces nationales ont été placées sous un commandement centralisé. Les premiers exercices de l’Alliance ont eu lieu à l’automne 1951. Au cours de l’année 1953, les commandants de l’OTAN ont organisé une centaine d’exercices de différents types. À partir de ce moment-là, les forces de l’OTAN n’étaient plus un assemblage d’unités nationales, elles commençaient à présenter une certaine cohésion. Un an après que le Commandement allié en Europe soit devenu opérationnel, le général Eisenhower a déclaré que « l’aptitude opérationnelle de nos troupes s’est notablement améliorée. »
La formation individuelle a rapidement suivi. En avril 1951, le général Eisenhower a reconnu pour la première fois qu’il fallait créer un cadre spécialisé pour étudier les questions propres à l’Alliance. Le Collège de défense de l’OTAN a été inauguré à la fin de cette même année, le 19 novembre 1951.
L’École des systèmes d'information et de communication de l'OTAN de Latina (Italie) existe depuis 1959. Cette année-là, une entreprise civile a commencé à organiser une formation à l’intention d’un petit groupe d’agents de l’OTAN sur un système qui allait devenir le « système de communication ACE HIGH de l’OTAN ».
Le 2 mai 1959, le Centre de recherche sous-marine de l’OTAN à La Spezia (Italie) a été ouvert. Il mène actuellement des travaux de recherche maritime pour répondre aux besoins opérationnels et de transformation de l’Alliance.
En 1966, le Collège de défense de l’OTAN a été transféré à son emplacement actuel, à Rome.
En 1971, le Comité militaire a créé un Groupe d'entraînement OTAN. Ce groupe s’est réuni pendant plusieurs années avec le groupe Eurotraining, qui avait été mis en place pour compléter les dispositions relatives à l’entraînement multinational entre les pays européens.
En 1975, l’École de l’OTAN à Oberammergau (Allemagne) a reçu sa charte et son nom actuel. Pendant près de vingt ans, elle a surtout consacré ses stages aux questions relatives à la défense collective de l’OTAN.
La formation OTAN s’ouvre aux Partenaires
Depuis la fin de la Guerre froide, l’Alliance cherche à accroître son engagement politique avec les pays non membres. À mesure que l’Alliance a développé ses consultations politiques, elle a donné aux pays non membres accès à ses stages d’entraînement et de formation.
En 1994, l’OTAN a invité les anciens pays du Pacte de Varsovie, les anciennes républiques soviétiques et les pays non membres d’Europe occidentale à adhérer au programme de Partenariat pour la paix. Ce programme spécifie que les pays participants chercheront à accroître leur niveau d’interopérabilité avec les forces de l’OTAN. Cet accord a ouvert la voie aux entraînements conjoints entre les pays de l'OTAN et les pays partenaires. Il a aussi marqué le début du soutien de l’Alliance aux Partenaires sur les questions de réforme de la défense.
Les établissements de formation de l’OTAN ont rapidement emboîté le pas. En octobre 1994, par exemple, le premier stage s’adressant à des officiers des pays partenaires a été organisé à l’École des systèmes d'information et de communication de l'OTAN. De son côté, le Collège de défense de l’OTAN a intégré les questions de Partenariat pour la paix dans le module OSCE existant de sa session principale. Cette session fait toujours partie du programme de formation du Collège.
Le Dialogue méditerranéen a lui aussi été créé en 1994 ; il s’agissait au départ d’une tribune permettant de mener un dialogue politique avec les pays allant de l’ouest de l’Afrique du Nord jusqu’au Moyen-Orient en passant par la bordure sud de la Méditerranée (Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Maroc et Tunisie). En 1997, lors d’une réunion à Sintra (Portugal), l’Alliance a décidé d’ouvrir certaines activités de formation militaire aux pays participant au Dialogue méditerranéen.
En 1998, le Conseil de partenariat euro-atlantique a approuvé la création du Groupement PPP, qui rassemble les centres d’entraînement PPP et le réseau de simulation PPP.
Le partenariat est apparu comme l’un des grands thèmes de fond du Sommet de Washington en 1999, au cours duquel les chefs d’État et de gouvernement ont approuvé des projets pour un Partenariat renforcé et plus opérationnel. Cette initiative a amélioré la coopération militaire entre les forces des Partenaires et les forces des Alliés grâce à des initiatives auxiliaires comme le programme de renforcement de la formation et de l'entraînement PPP.
À la suite de la révision du Concept stratégique en 1999, le rôle de l’École de l’OTAN a été fondamentalement modifié ; il prévoit désormais la coopération et le dialogue avec les personnels civils des pays n’appartenant pas à l’OTAN. L’École de l’OTAN sert actuellement de centre pour la formation et l’entraînement individuels de personnels civils et militaires des pays de l’OTAN, des pays partenaires, des pays du Dialogue méditerranéen et des pays de contact.
Le Centre interarmées d'analyse et d'enseignements tirés a été créé en mai 2002 à Monsanto (Portugal). Cet établissement a pour mission d’effectuer une analyse et une expérimentation conjointes des opérations, des entraînements et des exercices ; les Partenaires sont associés aux activités du Centre.
La transformation par la formation
Les décisions prises au Sommet de Prague en 2002 ont abouti à la création de deux nouveaux commandement stratégiques : le Commandement allié Transformation et le Commandement allié Opérations. La mise en place de ces deux commandements a beaucoup contribué à améliorer la coordination et la cohérence des activités de formation et d'entraînement OTAN. Ont suivi la création d’autres institutions et le lancement d'autres initiatives destinées à la fois aux pays de l’OTAN et aux pays partenaires.
Un Centre de guerre interarmées a été inauguré à Stavanger (Norvège) le 23 octobre 2003
Le Centre d’entraînement de forces interarmées de Bydgoszcz (Pologne), qui a été inauguré le 31 mars 2004, assure la formation des forces des pays de l’OTAN et des pays partenaires en vue d'améliorer l'interopérabilité interarmées multinationale au niveau tactique.
Le Commandement allié Transformation a également mis en place en 2004 un réseau de formation et d'entraînement OTAN/PPP.
Le coopération avec les Partenaires en matière de formation a franchi une nouvelle étape au Sommet d’Istanbul en 2004. Les dirigeants des pays de l’Alliance ont élevé le Dialogue méditerranéen au rang de partenariat à part entière, permettant ainsi à ses participants de prendre part en plus grand nombre aux exercices et aux stages de formation individuelle dans les institutions de l’OTAN. Des dispositions ont également été prises pour la coopération sur la réforme de la défense.
Au même moment, l’Alliance a lancé l’Initiative de coopération d’Istanbul, qui ouvrait la voie à la coopération entre l’OTAN et les pays du Moyen-Orient élargi dans des domaines comme la formation et l’entraînement.
Le Sommet d’Istanbul a également prévu des dispositions pour que les Partenaires s’associent à la formation conjointe sur la question du terrorisme et qu’ils s'entraînent avec la force de réaction de l'OTAN.
La création du Plan d'action du Partenariat pour l'établissement d'institutions de défense a donné un nouvel élan aux activités de l’OTAN en matière de réforme de la défense. Ce document décrit ce que l’OTAN et les Partenaires veulent réaliser dans le domaine de la réforme de la défense. Ce domaine ayant pris de l’importance, il a été inscrit en 1999 au programme de renforcement de la formation et de l'entraînement PPP.
Exporter la sécurité grâce à la formation et à l’entraînement
L’OTAN n’a pas cessé d’étendre le champ de ses opérations. Les forces de l’OTAN, qui, en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo, étaient principalement chargées d’instaurer la sécurité, ont aussi coopéré avec des organismes tels que les Nations Unies et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe afin d’organiser l’entraînement des forces de sécurité locales.
Les opérations de l’OTAN en Afghanistan ont commencé en 2003 avec un mandat semblable : instaurer la sécurité. Toutefois, en décembre 2005, la Force internationale d'assistance à la sécurité a reçu de nouvelles instructions qui prévoyaient notamment que la force aiderait le gouvernement afghan à accomplir sa réforme de la défense et qu'elle formerait et encadrerait l'armée nationale afghane.
L’opération dirigée par l’OTAN en Iraq, qui a commencé en 2004, est la première opération de l'OTAN qui se consacre exclusivement au renforcement de la capacité des forces locales. L'Alliance entraîne du personnel iraquien et contribue à la mise en place de l’université nationale de défense et notamment du collège d’état-major interarmées, de l’académie militaire et de l’université d’enseignement des langues dans le domaine de la défense.
Initiative de formation pour la région de la Méditerranée et du Moyen-Orient
Lors du Sommet de l’OTAN tenu à Riga en 2006, l’Alliance a décidé d’intensifier la
coopération en matière de formation avec les pays partenaires du Dialogue méditerranéen (DM) et de l’Initiative de coopération d’Istanbul (ICI), entre autres en créant un département du Moyen-Orient au Collège de défense de l’OTAN, à Rome et, dans un deuxième temps, en soutenant la création d’un centre de coopération pour la sécurité dans la région, qui appartiendrait aux pays du DM et de l'ICI, avec un financement régional et une aide de l'OTAN. (Pour plus de détails, voir aussi la section "Formation et entraînement - Comment cela se traduit-il dans la pratique?")