Le Système de commandement et de contrôle aériens de l'OTAN
Le Système de commandement et de contrôle aériens (ACCS) de l'OTAN
a pour but de combiner et d'automatiser, au niveau tactique, la
planification, l'attribution et l'exécution de toutes les opérations
aériennes.
Comment cela se traduit-il dans la pratique?
Une fois qu'il sera opérationnel, l'ACCS offrira un système
unifié de commandement et de contrôle aériens qui permettra
aux pays européens de l'OTAN (y compris aux nouveaux membres de l'Alliance)
de gérer de manière harmonieuse tous les types d'opérations
aériennes menées au-dessus de leur territoire et au-delà.
Les pays membres de l'OTAN pourront ainsi intégrer l'ensemble de leurs
fonctions de contrôle de la circulation aérienne, de surveillance,
de contrôle des missions aériennes, de gestion de l'espace aérien
et de gestion des forces.
L'ACCS sera fondé sur les technologies de pointe et fera entièrement
appel aux liaisons de transmissions de données les plus modernes.
Du fait qu'il est doté d'une architecture ouverte, le système évolue
déjà afin de répondre aux besoins opérationnels
naissants, comme ceux qui se rattachent à la défense contre
les missiles de théâtre, et il sera en mesure de s'adapter à un
environnement opérationnel changeant, comme celui de la guerre réseaucentrique.
La réalisation de l'ensemble du programme ACCS, dont la fourniture
du matériel, des logiciels et des moyens de communications, mais à l'exclusion
de l'acquisition des capteurs, coûtera à l'OTAN et aux pays
de l'OTAN quelque 1,5 milliard d'euros.
Comment en est-on arrivé à cette politique?
Le système a été conçu dans les années
1980, pour remplacer les systèmes de défense aérienne
en place comme le NADGE et le GEADGE, mais ce n'est qu'en 1992 que le Conseil
de l'Atlantique Nord a décidé de procéder à la
mise en œuvre initiale d'un premier niveau de capacité opérationnelle
de l'ACCS en configuration à la fois fixe et déployable.
Le premier contrat OTAN, d'une valeur à l'époque de quelque
USD 500 millions, a été passé en 1999 avec la société Air
Command Systems International (ACSI), société enregistrée
en France (désormais basée à Massy, près de Paris)
et constituée de deux actionnaires, Raytheon (États-Unis) et
Thomson-CSF, désormais THALES (France). Le contrat prévoit
le développement et la mise à l'essai des logiciels et du matériel
de base du système ACCS et les premières installations se feront
dans des stations de validation de la Belgique, de la France, de l'Allemagne
et de l'Italie, pays qui ont déjà signé chacun des contrats
distincts avec l'ACSI. Une fois les essais et la validation menés à bien,
le logiciel sera reproduit dans diverses stations de l'ensemble de la zone
européenne de l'OTAN.
Le calendrier du programme, qui s'étendait à l'origine sur
69 mois, a été prolongé d'une année environ afin
de tenir compte de la modernisation de l'architecture du concept et des changements
apportés à l'interface homme-machine. L'examen critique de
la conception du logiciel s'est achevé avec succès en décembre
2003 et la phase de développement a été officiellement
lancée, bien que le logiciel avait déjà été codé dans
une proportion de 40% lors d'activités parallèles. Les essais
vont commencer dans le courant de la présente année; la phase
de validation devrait être lancée au deuxième semestre
de 2005 et se prolonger pendant une année environ avant que le système
ne soit opérationnel. L'ACCS sera mis en service au niveau de la planification
et de l'attribution de tâches dans les centres d'opérations
aériennes combinées (CAOC), où il servira à aider
le commandant de l'élément Air des forces armées à exercer
le contrôle opérationnel sur ses forces subordonnées.
L'ACCS sera mis en service au niveau de l'exécution dans les centres
de contrôle (en utilisant le signe générique ARS) qui
fourniront les moyens nécessaires pour assurer le contrôle aérien
et la production et la diffusion de la situation opérationnelle interarmées.
A l'heure actuelle, l'OTAN et les pays ont annoncé des besoins concernant
5 CAOC fixes et 2 CAOC déployables, 18 ARS fixes et 2 ARS déployables étant également
prévus.
Quels organismes OTAN jouent un rôle central
dans la mise en œuvre de cette politique?
Le contrat que l'OTAN a passé avec la société ACSI
est géré par l'Agence OTAN de gestion de l'ACCS (NACMA), à Bruxelles.
La NACMA est l'organisme de l'Organisation OTAN de gestion du système
de commandement et de contrôle aériens (NACMO) chargé des
acquisitions et de la mise en œuvre. Dans le cadre de sa fonction principale
d'agence d'acquisition des systèmes, la NACMA a notamment pour tâche
d'assurer la planification centrale, l'ingénierie des systèmes,
la mise en œuvre et la gestion de la configuration du programme ACCS;
elle doit également veiller à l'intégrité, l'intégration
et l'interopérabilité du système ACCS.
L'agence emploie un peu plus de 100 personnes au Secrétariat international
de l'OTAN. Ces sept dernières années, le directeur général
de l'agence était le général de corps d'armée
(cr) André Nicolau qui, avant sa nomination, était le général
commandant la défense aérienne et les opérations aériennes
au sein des forces aériennes de la France. Le général
Nicolau a quitté l'OTAN le 1er août 2004; il sera remplacé par
l'IGA François Naville, actuellement co-vice-président du Bureau
des C3 (consultation, commandement et contrôle) (NC3B) de l'OTAN à Bruxelles.