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Chronique

Le renforcement des défenses antimissiles de l’OTAN


Déploiement des défenses antimissiles
(© OTAN )

L’OTAN renforce ses capacités de défense antimissile pour répondre à la menace croissante que représente la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs.

En mars de cette année, l’Alliance a franchi une étape qui fera date dans ses efforts pour aligner une capacité de défense contre les missiles de théâtre. Le Conseil de l’Atlantique Nord a en effet approuvé la charte de l’Organisation de gestion du programme ALTBMD (programme OTAN de Défense active multicouche contre les missiles balistiques de théâtre).

Cette décision a officiellement créé un Bureau de programme pour gérer le programme OTAN de Défense active multicouche contre les missiles balistiques de théâtre, qui sera accueilli par l’Agence de l’OTAN pour la consultation, le commandement et le contrôle (NC3A), basée à Bruxelles et à La Haye. La création du Bureau de programme ouvre effectivement la voie à la mise en œuvre du système de Défense active multicouche contre les missiles balistiques de théâtre, qui doit atteindre une capacité opérationnelle initiale pour 2010.

Le système de Défense active multicouche contre les missiles balistiques de théâtre sera utilisé pour protéger les forces alliées déployées contre les missiles balistiques à courte et moyenne portée et intégrera les systèmes nationaux de défense contre les missiles de théâtre en un seul « système des systèmes » déployable, comprenant des défenses à basse et haute altitude capables de détecter et d’intercepter des missiles balistiques en approche, qu’ils soient en phase ascensionnelle, à mi-course ou en phase finale. Ce système sera également efficace contre les avions à réaction, les missiles de croisière et les véhicules aériens sans pilote.

Le missile Patriot à capacité perfectionnée – III (PAC-3) de l’armée américaine et le système conjoint (Allemagne, Etats-Unis et Italie) de Défense aérienne élargie de moyenne portée (MEAD) formeront, avec le système franco-italien surface-air moyenne portée (SAMP-T), l’ « ossature » des défenses de la couche inférieure et seront inclus dans la capacité opérationnelle initiale. Des défenses de la couche supérieure, telles que le Standard Missile-3 mer-air américain et les systèmes de défense ponctuelle de théâtre à haute altitude (THAAD), seront ajoutées ultérieurement pour parvenir à la capacité opérationnelle intégrale, prévue pour 2013.

L’architecture d’interconnexion pour ces systèmes sera composée du Système de commandement et de contrôle aériens (ACCS), du Système d’information automatisé des deux commandements stratégiques (Bi-SCAIS) et d’un segment de communication, actuellement développé par l’OTAN pour fournir une capacité de commandement, contrôle, communication et renseignement pour la gestion tactique (BMC3I). D’un coût estimé à 700 millions d’euros, le système pourrait devenir l’un des plus importants projets de l’Alliance à bénéficier d’un financement commun. Le coût des éléments du système appartenant aux différents pays devrait être plusieurs fois supérieur.

La menace posée par les missiles balistiques, tels que les missiles SCUD, est manifeste depuis la Guerre du Golfe en 1991. L’on estime que plus de vingt Etats possèdent actuellement des missiles de ce type. Comme certains de ces pays développent également des ogives chimiques, nucléaires et biologiques, la nécessité de disposer d’une défense efficace contre les missiles s’est accrue.

« Où que l’OTAN opère à l’avenir, ses forces seront confrontées à la menace potentielle de missiles tactiques », déclare Bernd Kreienbaum, Directeur adjoint de la Section des armements interarmées à la Division Investissement pour la défense de l’OTAN. « Il existe un consensus complet entre les Alliés quant à la nécessité de faire face à la menace représentée par les missiles tactiques. »

C’est pour cette raison que l’Alliance coopère aussi étroitement avec la Russie sous l’égide du Conseil OTAN-Russie, afin de soutenir les futures opérations conjointes de défense contre les missiles de théâtre. La NC3A effectue actuellement une étude visant à élaborer des concepts d’interopérabilité OTAN-Russie.

L’OTAN poursuit également ses efforts de grande envergure en matière de défense antimissile. Un consortium transatlantique dirigé par la Science Applications International Corporation (SAIC) a récemment fourni des rapports d’étude sur la faisabilité d’une architecture complète de défense antimissile, destinée à protéger le territoire, les forces et les zones à forte densité de population de l’Alliance contre l’éventail complet des menaces associées à ces armes.

Initiée par les dirigeants de l’OTAN au Sommet de Prague de 2002, cette étude de faisabilité est menée sous l’autorité de la Conférence des directeurs nationaux de l’armement et vise à faciliter des consultations entre les Alliés, susceptibles de déboucher sur une capacité de défense totale contre les missiles à l’échelle de l’Alliance. Elle examine la faisabilité technique, le calendrier et les coûts d’un Système de défense contre les missiles à l’échelle de l’Alliance et s’intéresse à des questions critiques, telles que l’architecture de commandement et de contrôle du système, ainsi qu’à la sélection appropriée de systèmes existants et planifiés pour répondre aux exigences opérationnelles des militaires.


 

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